Le groupe Première Nation Mamo a bloqué plusieurs chemins forestiers dans les derniers mois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa
Publié hier à 13 h 04 HAE
Le gouvernement du Québec n’a pas l’intention de rencontrer les chefs de territoire qui bloquent l’accès à la forêt en Haute-Mauricie.
Depuis des semaines, le groupe Première Nation Mamo empêche les compagnies forestières d’aller chercher du bois dans la forêt du nord de la Mauricie. Il s'oppose au nouveau régime forestier, qui modifie les règles d’exploitation de la forêt québécoise.
Le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations, Ian Lafrenière, a réitéré qu’il discute avec les conseils de bandes et l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), qu’il considère comme les représentants légitimes des nations autochtones.
Présentement, j’entends beaucoup de gens qui parlent fort, mais ce n’est pas des gens qui représentent tout le monde, a-t-il déclaré.
Est-ce qu’on peut être transparent et faire en sorte que les gens sur le terrain entendent ce qui se passe, c’est possible? a-t-il ajouté.
Le message est le même du côté de la ministre des Ressources naturelles, Maïté Blanchette Vézina. Je le répète : les canaux de communication, c’est avec les conseils de bande, insiste-t-elle.
Or, des manifestants qui bloquent en ce moment des routes dans le nord de la Mauricie réclament encore d’être consultés dans l’élaboration du nouveau régime forestier.
Ils n’ont pas les bons interlocuteurs autour de la table, déplore Florent Makue Bégin dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux alors qu’il se trouvait au barrage du 56e km sur la route entre Opitciwan et le Lac-Saint-Jean.
Les conseils de bande ont été créés par le gouvernement fédéral grâce à la Loi sur les Indiens, et c’est la raison pour laquelle il ne reconnaît pas leur légitimité.
Il estime que puisque les territoires sont occupés par des familles depuis des générations, ces familles doivent faire partie des discussions. Il affirme avoir été très impacté par les coupes sur le territoire ancestral de sa famille. Comme quelqu’un qui est fier de sa maison ou de sa cour, explique-t-il. Il raconte que les compagnies forestières ont fait un ravage dans la forêt de son territoire.
Sophie Bernier