La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, le chef régional de l'Ontario, Abram Benedict, et le chef régional du Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, écoutent les délégués parler des résolutions lors de l'assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) à Winnipeg, mercredi.
Photo : La Presse canadienne / John Woods
Publié à 8 h 52 HAE
Le racisme systémique dans les services de police a été un enjeu majeur sur lequel les chefs autochtones se sont penchés de la deuxième journée de l’Assemblée des Premières Nations (APN), à Winnipeg. Ils ont rappelé le besoin d’investir dans leurs propres services de police tout en améliorant la formation des autres services.
L’année dernière a été l’une des pires années en termes de morts en détention, explique le chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour la Colombie-Britannique, Terry Teegee.
Entre août et novembre 2024, 10 Autochtones sont morts à la suite d’interactions avec la police. Terry Teegee souligne que cela n’est pas un problème isolé, mais plutôt un phénomène récurrent vécu par les Autochtones à travers le pays.
<<Il est essentiel que le Canada reconnaisse l’urgence de cet enjeu et nous devons arrêter le racisme systémique ancré dans notre système de justice.>>
-Terre Teegee, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour la Colombie-Britannique
L’APN a adopté une résolution en décembre dernier pour réclamer une enquête nationale sur le nombre élevé de morts en lien avec la police parmi les Premières Nations.
Le besoin d’un modèle de financement actualisé

Jerry Swamp, président de l'Association des chefs de police des Premières Nations, a pris la parole lors de l'assemblée générale annuelle à Winnipeg, jeudi.
Photo : CPAC
Il est nécessaire d'actualiser le modèle de financement des services de police autochtones afin de prévenir les morts, affirme le président de l’association des chefs de police des Premières Nations, Jerry Swamp.
Les accords de financement des services de police des Premières Nations énoncent qu’il faut assurer un maintien de l’ordre culturellement respectueux au sein de nos communautés, souligne Jerry Swamp.
Il s’est toujours demandé d’où vient cette précision.
Nous répondons déjà aux besoins culturels de nos communautés, car nous vivons la culture, précise-t-il.Pourquoi ne l'intègrent-ils pas dans les accords policiers généraux ? Peut-être n'aurions-nous pas eu les décès qui se sont produits l'année dernière, peut-être auraient-ils reçu davantage de formation et davantage de financement pour cette formation, afin d'assurer un maintien de l'ordre adapté à la culture.
Une décision rendue l'année dernière par la Cour suprême du Canada a conclu que le Québec avait violé un accord en sous-finançant les services de police à Mashteuiatsh.
Le chef régional de l'APN pour le Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, estime que cette affaire est un exemple flagrant du manque de financement général des services de police des Premières Nations au Canada.
Nous avons besoin d'une législation qui reconnaisse les services de police des Premières Nations comme un service essentiel, offrant la protection juridique de base dont bénéficient les non Autochtones, réclame-t-il.
Dans un cas similaire en Ontario, les Premières Nations se battent pour obtenir un financement équitable, attirant l'attention sur le sous-financement massif des services de police des Premières Nations au Canada.
Jeudi après-midi, 6 des 50 résolutions proposées avaient été débattues.
Deux résolutions concernant le projet de loi C-5 ont été rejetées. Une autre résolution visant à retarder l’application de la Loi visant à bâtir le Canada a été également rejetée.
Deux résolutions concernant le programme du principe de Jordan ont été adoptées.
Avec les informations de Sis’moqon
Juliette Straet