Le groupe Première Nation Mamo bloque l’accès aux entrepreneurs forestiers. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Simon Filiatrault
Publié hier à 14 h 34 HAE
Mis à jour hier à 17 h 04 HAE
Les prochaines heures et les prochains jours seront critiques en Haute-Mauricie. Le ton est monté sur les barrages forestiers au cours des derniers jours et de nombreux intervenants espèrent réussir à le faire baisser rapidement.
Lundi, des travailleurs forestier avaient prévu installer des contre-barrages en réponse aux blocages imposés par des membres du groupe Première Nation Mamo depuis des semaines. Le groupe dénonce la modernisation opaque et unilatérale du nouveau régime forestier du gouvernement québécois. Les appels au calme ont visiblement été entendus et la contre-mobilisation n’a pas eu lieu.
Une rencontre a eu lieu lundi entre des représentants du groupe Mamo, des entrepreneurs forestiers et la députée de Laviolette–Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif. Le directeur général de la Coopérative Forestière du Haut St-Maurice, Marc-André Despins, y a participé. Il affirme qu’il s’agit d’une rencontre positive et que le dialogue est ouvert.
Un brin d’optimisme de ma part, étant donné que le politique est sur le terrain, donc la première visite officielle d’un représentant de la CAQ, a-t-il déclaré en sortant de la rencontre.
On a nos enjeux, ils ont leurs enjeux. Ça va prendre une volonté politique, évidemment. Je la sens.
– Une citation deMarc-André Despins, directeur général, Coopérative Forestière du Haut St-Maurice.
Le maire de La Tuque, Luc Martel, déplore que le gouvernement n’ait pas agi avant. L’irresponsabilité du gouvernement dans ce dossier-là, ça n’a pas de bon sens, déplore-t-il.
Le ministre québécois responsable des Relations avec les Premières Nations, Ian Lafrenière, promet de continuer à discuter avec les chefs autochtones, mais pas avec les représentants du groupe Première Nation Mamo. Bien que des participants des blocus remettent en question les conseils de bande, l’[Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador] et les chefs demeurent nos interlocuteurs et partenaires. Avec eux, je suis certain qu’on parviendra à une résolution, écrit-il dans une déclaration sur les réseaux sociaux.
Par voie de communiqué, le groupe Première Nation Mamo réitère que même si le gouvernement négocie avec les conseils de bande, le groupe ne reconnaît pas leur légitimité et réitère sa volonté de protéger le territoire.
Le grand chef de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, assure qu’il travaille pour dénouer l’impasse. Je peux vous dire qu’en fin de semaine, le téléphone s’est fait aller pour essayer de comprendre plus en détail, également comprendre le rôle de tout un chacun dans ce qui se passe présentement, déclare-t-il.
Il souligne que les Atikamekw réclament depuis des années une meilleure clarté des rôles de chacun et un meilleur respect des droits ancestraux, sans succès. Il indique que les tentatives de dialogue avec le gouvernement n’ont rien donné au fil des ans.
Il y a de plus en plus de gens qui ne croient plus au dialogue avec le gouvernement, donc c’est ce qui se produit actuellement, explique-t-il.
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, lance lui aussi un appel au calme. Il rencontrera mercredi le premier ministre François Legault. À son avis, le gouvernement doit revoir son projet de loi qui modifie le régime forestier puisqu’il estime que la majorité de la population s’y oppose. Le gouvernement du Québec a toutes les solutions en main pour pouvoir apaiser les tensions, insiste-t-il.
Rémabec espère une solution rapidement
L’entreprise forestière Rémabec espère elle aussi dénouer l’impasse au plus vite. C’est clair, net et précis que, pour nous, c’est excessivement important que cette semaine, on ait une bonne rencontre pour amorcer les travaux pour arriver à avoir une solution rapidement, indique le coprésident de Rémabec, Éric Bouchard. Il confirme que la tension s’est accentuée au cours des derniers jours, ce qui a poussé l’entreprise à lancer un appel au calme.
Je pense que les forestiers ont entendu notre appel, pour leur demander de ne pas monter cette semaine, de nous donner une semaine pour essayer de travailler avec les différentes parties et de trouver des solutions qui vont être durables, affirme-t-il. Il espère que les représentants du Québec seront des gens qui ont le pouvoir de prendre des décisions au nom du gouvernement.

Une querelle verbale entre l’un des membres de Première Nation Mamo, Dave Petiquay, et l’entrepreneur Dany Grenier a été captée sur les réseaux sociaux.
Photo : Facebook : Dany Grenier
La semaine dernière, la querelle verbale entre un des représentants du groupe Première Nation Mamo, Dave Petiquay, et Dany Grenier, un entrepreneur forestier qui souhaitait franchir le barrage, a été filmée et témoigne de la tension palpable entre les deux groupes.
Sophie Bernier