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Sommet sur les langues autochtones : « Un moment historique »

Publié le 13 août 2025

Quelque 168 conférenciers et animateurs provenant de partout au Canada, ainsi que de la Nouvelle Zélande, l’Australie et les États Unis sont présents au sommet.

« Nous avons atteint le sommet de la colline », se réjouit le commissaire aux langues autochtones du Canada.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Publié hier à 4 h 00 HAE

Des centaines de personnes de partout au Canada et d’ailleurs dans le monde prennent part dès aujourd’hui aux activités du premier Sommet mondial sur les langues autochtones organisé à Ottawa par le Bureau du commissaire aux langues autochtones du Canada, Stsmél̓qen Ronald E. Ignace.

Le sommet Ondes 2025, c’est 2314 participants, dont une centaine venant de l’extérieur du Canada, 168 conférenciers et animateurs, ainsi que 27 artistes et musiciens canadiens. Ils sont réunis jusqu’à jeudi au Centre Rogers pour discuter de trois thèmes reliés à la langue : les connaissances écologiques traditionnelles, la technologie et la communauté.

Pour Stsmél̓qen Ronald E. Ignace, le premier commissaire aux langues autochtones du Canada, la tenue de ce sommet est une réussite. Je suis fébrile, confiait-il au téléphone à la veille du début de l’événement. J’ai des papillons dans le ventre.

Ondes 2025 est le point culminant de plusieurs années de travail. Ç’a été une longue et dure lutte pour arriver ici, remarque M. Ignace, qui est en poste depuis 2021.

L’objectif du sommet, explique-t-il, est de donner un nouveau départ à la revitalisation et au renforcement des langues autochtones partout au pays, en mettant en lumière leur importance et leur apport à la richesse du Canada.

Ronald Ignace a été nommé commissaire aux langues autochtones en juin 2021.

Photo : Bureau du commissaire aux langues autochtones du Canada

M. Ignace, qui appartient à la Première Nation Secwépemc de la Colombie-Britannique, était membre du Groupe de travail sur les langues et les cultures autochtones qui a déposé auprès du gouvernement canadien le premier rapport en vue d’une stratégie de revitalisation des langues et des cultures autochtones, en 2005.

Vingt ans plus tard, il se réjouit de voir que, même si son rapport a été tabletté, ses efforts n’ont pas été vains. Je me suis promis d’arriver au sommet de la colline et nous y sommes maintenant, se félicite-t-il. C’est un moment historique.

Waneek Horn Miller, ancienne athlète olympique, Tuna Napartuk, ancien négociateur adjoint pour l’autonomie politique du Nunavik, et Andrea Ménard, actrice et autrice-compositrice-interprète, animent le sommet.

Du côté des conférenciers, il y aura, entre autres, l’innovateur maori Peter-Lucas Jones, l’expert de l’intelligence artificielle Michael Running Wolf et l’environnementaliste inuk Siila (Sheila) Watt-Cloutier.

Le forum 7Gen

Le commissaire est particulièrement fier du volet jeunesse du sommet. Dès mardi matin, un étage complet sera consacré aux jeunes. Installations, jeux vidéo en langues autochtones, kiosques avec des influenceurs, rencontres avec des jeunes qui ont du succès dans différents domaines… plusieurs activités sont prévues pour que les jeunes puissent dialoguer entre eux et chercher des moyens de s’engager avec les langues et de participer à la régénération de nos cultures et de nos histoires, indique M. Ignace.

Nous accueillons des jeunes de tout le pays, symbolisant ainsi la transmission de nos langues à une nouvelle génération de porte-paroles, qui poursuivront le combat une fois que nous ne serons plus là.

Une citation deRonald E. Ignace, commissaire aux langues autochtones du Canada

Le sommet s’inscrit dans le cadre de la Décennie internationale des langues autochtones (2022-2032). Il y a donc des invités de l’étranger, dont des Maoris de Nouvelle-Zélande et des conférenciers en provenance d’Hawaï, mais aussi de l’Australie, du Groenland et de la République démocratique du Congo, entre autres.

L’objectif du sommet comme de la Décennie est d’attirer l’attention sur la situation critique de nombreuses langues autochtones et de mobiliser gouvernements et partenaires en vue de la préservation, de la revitalisation et de la promotion de ces langues.

D’autres projets

Une fois le sommet terminé, le commissaire aura encore bien du pain sur la planche. Il souhaite notamment mettre au point, en collaboration avec les autorités provinciales et les universités, un programme de formation d’enseignants en immersion dans les langues autochtones qui soit certifié et agréé, afin que les étudiants qui le suivent soient reconnus comme des professionnels, ce qui n’est pas le cas actuellement.

L’enseignant Nathan Brinklow donne un cours d’immersion en langue kanien’kéha (mohawk), offert sur le territoire de la communauté de Tyendinaga, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Nos locuteurs vieillissent, nous devons donc créer une nouvelle cohorte de professeurs de langues, souligne M. Ignace. Les langues autochtones doivent être reconnues comme une matière enseignable. Il faudrait mettre en place des programmes de formation des enseignants en immersion linguistique, un peu comme on le fait pour le français.

Parmi ses autres projets figurent la création d’une carte, en partenariat avec la Société géographique royale du Canada, où l’on trouvera l’emplacement des différentes langues autochtones du pays, ainsi qu’un projet avec Statistique Canada concernant le statut des familles de langues. Enfin, il compte renforcer l’appui à l’innovation afin de développer des projets liés à la technologie en vue de rendre les langues plus accessibles.

Les lois ne suffisent pas, souligne M. Ignace. Même si nous disposons de la Loi sur les langues autochtones, elle n’apportera pas le rétablissement de nos langues. Ce qui mènera à la guérison de nos peuples et de nos terres, c’est ce que nous, peuples autochtones, Canadiens et gouvernements de ce pays, ferons pour créer des changements substantiels.

Le mandat du commissaire doit se terminer au plus tard en juin 2026.


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