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Propos racistes à La Tuque: «Ça devient épeurant»

Publié le 28 juillet 2025

La scène s’est produite dans un restaurant du centre-ville de La Tuque. (Sylvain Mayer/Archives Le Nouvelliste)

Le blocus forestier causé par les manifestations de Première Nation Mamo, qui a des impacts économiques majeurs en Haute-Mauricie, entraîne visiblement une montée de l’intolérance et des propos racistes dans la communauté.

C’est ce qu’a appris à ses dépens un jeune autochtone en se rendant dans un restaurant du centre-ville de La Tuque, cette semaine. Alors qu’il attendait simplement sa commande, sans rien dire ni provoquer personne, il aurait été pris a parti par un groupe de six travailleurs portant un dossard vert.

«Hostie d’indien sale. Tu devrais retourner dans ta petite réserve. J’espère que tu ne vas pas nous empêcher de travailler», lui aurait-on lancé devant tout le monde, provoquant l’hilarité générale.

Le jeune homme s’est ensuite éclipsé pour attendre sa commande, mais il aurait finalement été servi après le groupe de travailleurs qui étaient pourtant arrivés après lui.

Une trentaine de minutes plus tard, la serveuse, qui se serait esclaffée devant les propos racistes qui lui ont été lancés au visage, lui aurait dit: «Hein? Tu es encore là, toi?» avant de finalement lui remettre sa commande.

«Je ne sais pas si ce sont des gars de la foresterie, mais ça devient épeurant», a témoigné la mère du jeune homme qui a décidé de faire une sortie publique après que son fils lui eut raconté avoir été humilié au restaurant.

«Il était dans ses émotions et il m’a dit: “Je ne pensais jamais vivre ça à La Tuque”», raconte la dame qui a préféré ne pas être identifiée dans le cadre de ce reportage et n’a pas souhaité qu’on nomme l’établissement en question pour ne pas le pointer du doigt.

«Le racisme n’a pas sa place dans notre société, ni dans nos commerces, ni dans nos silences. Ce genre de violence, même “verbale”, marque les esprits et blesse profondément, soulève-t-elle. Le racisme, même discret ou banalisé, est une violence. Et chaque acte de mépris mérite d’être dénoncé.»

Elle estime que plusieurs personnes autochtones ressentent les effets collatéraux des manifestations des militants autochtones contre le projet de loi 97 qui causent le blocus forestier. «Il y a beaucoup de travailleurs de la forêt ici à La Tuque et je ne me sens comme plus en sécurité», observe-t-elle.

«J’ai peur aussi pour mon dernier qui va bientôt commencer l’école en septembre. J’ai peur de ce qu’il va vivre», continue celle qui souhaiterait que des actions de sensibilisation soient entreprises dans la communauté. «Ça devient de plus en plus grave.»

— Mère du jeune homme

À ses côtés lors de l’entrevue, sa belle-sœur, une Québécoise qui a donné naissance à un enfant métis, déplorait elle aussi la situation. «Je trouve ça complètement inacceptable», a-t-elle tranché.

«Ça me fait vraiment de la peine, parce que ce sont des gens que je côtoie, qui sont merveilleux et qui m’ont appris tellement de choses. Je trouve ça inconcevable qu’on puisse traiter des êtres humains avec autant d’injustice.»

Par Sébastien Lacroix, Le Nouvelliste

28 juillet 2025 à 04h02


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