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Le taux d’homicides en baisse au Canada, sauf pour les Autochtones

Publié le 25 juillet 2025

L’Enquête sur les homicides de Statistique Canada représente le dénombrement complet des homicides signalés aux services de police du Canada et déclarés par ceux-ci.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Publié à 4 h 00 HAE

Alors que le taux national d’homicides est en baisse au pays, il demeure extrêmement élevé chez les Autochtones.

En 2024, la police a fait état de 225 victimes d’homicide chez les Autochtones, soit 29 de plus qu’en 2023. Ce groupe représentait 28,5 % des personnes assassinées, alors qu’il ne constitue que 5 % de la population. Il s’agit du pourcentage le plus élevé depuis 2014, année à laquelle Statistique Canada a commencé à compiler ces données.

Pour l’ensemble de la population, le taux d’homicides a diminué, mais chez les Autochtones, il a plutôt augmenté, passant de 9,65 à 10,84 homicides pour 100 000 personnes. Le taux est environ huit fois plus élevé que celui de la population non autochtone (1,35 homicide pour 100 000 non-Autochtones).

Pire chez les femmes

Une proportion beaucoup plus élevée d’hommes que de femmes sont victimes d’homicides, tant chez les Autochtones que dans la population en général; toutefois, le nombre d’hommes assassinés a diminué, alors que celui des femmes a augmenté.

En 2024, le nombre de femmes victimes d’homicide a augmenté de 28, alors qu’il a diminué de 34 chez les hommes, comparativement à 2023.

Toujours la même année, 240 femmes ont été assassinées, dont 71 Autochtones, soit 30 % du total des victimes.

Les femmes autochtones sont encore plus surreprésentées chez les personnes accusées d’homicide. En 2024, elles étaient 47, soit presque la moitié des 95 accusées.

Des différences marquées selon les provinces

La moyenne nationale cache de grandes disparités selon les provinces.

Au Québec, cinq Autochtones ont été assassinés l’année dernière, ce qui donne un taux d’homicides de 2,04 pour 100 000 personnes, en baisse par rapport à 2023. Pour la population non autochtone, le taux était moitié moins élevé, soit 0,96.

À l’autre extrême, au Manitoba, où on a recensé 73 meurtres, le taux d’homicides chez les Autochtones est de 26,75 pour 100 000 personnes. Ils représentent 78 % des personnes assassinées, alors qu’ils représentent 18 % de la population. Pour les non-Autochtones, le taux est de 1,64.

Briser le cycle

Aux traumatismes intergénérationnels, à la marginalisation socioéconomique et à la discrimination s’ajoutent un sous-financement des ressources et un manque d’expertise, surtout en région éloignée, explique Philippe Boucher, étudiant au doctorat en études juridiques à l’Université Carleton. Résultat : sans savoir vers qui se tourner, certains gèrent leur douleur avec une consommation excessive d’alcool.

Certains organismes réussissent tout de même à intervenir, que ce soit en prévention ou auprès de personnes qui ont des comportements violents et des problèmes de consommation. Il y a un mal-être intérieur, donc il faut offrir des activités de guérison, dit le chercheur. Ce n’est pas juste de faire un atelier de sensibilisation sur la prévention de la violence, mais d’encourager une reconnexion culturelle avec le territoire de leurs ancêtres, par exemple. Ces activités vont rejoindre les gens, les encourager à participer et favoriser la guérison.

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