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Des taux de mortalité dus aux incendies plus élevés dans les communautés autochtones Selon un rapport, le manque de données les rend plus vulnérables.

Publié le 28 juillet 2025

Une maison de la Première nation d’Oxford House a été entièrement détruite dans un incendie en 2015. Trois personnes, dont un père, un fils et leur cousin, ont péri dans l’incendie.

Photo : CBC / Gary Solilak

Radio-Canada

Publié le 24 juillet à 12 h 27 HAE

Un rapport du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) confirme ce que de nombreuses communautés autochtones savent depuis longtemps : que le taux de mortalité lié aux incendies de maisons est plus élevé dans les communautés autochtones que dans les communautés allochtones.

Le rapport, commandé par le Conseil national autochtone de la sécurité-incendie (CNASI) et publié au début du mois, révèle que le taux de mortalité est environ cinq fois plus élevé.

L’étude s’est faite à partir de la base de données nationale d’information sur les incendies pour la période 2005-2021, dans le but de montrer l’ampleur des risques d’incendie dans les communautés autochtones et d’identifier les lacunes dans la collecte des données.

Arnold Lazare, directeur général par intérim du CNASI, souligne que les résultats confirment des décennies d’expérience des communautés autochtones

Au cours des 30 dernières années, nous avons suivi les informations anecdotiques et nous savions que le taux de mortalité et de blessure était beaucoup plus élevé dans les réserves que dans la population générale, explique celui qui est originaire de Kahnawà:ke.

Quand on le dit, les gens ne nous croient pas.

Une citation deArnold Lazare, directeur général du Conseil national autochtone de la sécurité-incendie

Une vulnérabilité causée par le manque de données

Arnold Lazare, chef adjoint des opérations du Service autochtone des pompiers promet que son organisme s’efforcera de veiller à ce qu’il y ait des détecteurs de fumée en état de marche dans chaque maison des Premières Nations.

Photo : soumise par Arnold Lazare

Selon le rapport, l’un des plus grands défis est le manque de données, qui résulte d’un manque d’uniformité dans les normes de déclaration et les réglementations juridictionnelles sur la déclaration obligatoire des informations relatives aux incendies.

Un problème identifié est à moitié résolu, n’est-ce pas? lance le directeur général par intérim.

Pour lui, le manque de données ouvre la voie à l’interprétation, ce qui peut rendre les choses ambiguës.

Le gouvernement fédéral a cessé de recueillir des données sur les incendies dans les communautés des Premières Nations en 2010 afin de réduire le fardeau des rapports imposés aux communautés.

Un rapport de Statistique Canada datant de 2021 montre que les Inuit ont 17 fois plus de risques de mourir dans un incendie que les Allochtones. Les Premières Nations, quant à elles, ont environ cinq fois plus de risques de mourir dans un incendie. Les Métis, quant à eux, courent deux fois plus de risques.

Michelle Vandevord, une femme crie de la Première Nation de Muskoday, en Saskatchewan, est la première femme à occuper le poste de capitaine du service de pompiers volontaires de la communauté. Elle a 26 ans d’expérience en tant que pompier et elle occupe le poste de directrice de la Gestion des urgences des Premières Nations de la Saskatchewan.

En tant que pompier dans la réserve et en soutenant l’organisation régionale, nous savions que les chiffres allaient être élevés, raconte Mme Vandevord.

Sa communauté dispose de services d’incendie depuis plus de 40 ans, mais elle reconnaît que de nombreuses autres communautés des Premières Nations n’ont pas d’organisations de lutte contre les incendies, les rendant dépendantes d’une aide extérieure.

Michelle Vandevord, pompière de la Première Nation Muskoday et directrice associée du Saskatchewan First Nations Emergency Management.

Photo : Aboriginal Firefighters Association of Canada

Quand un incendie tue une personne dans une communauté, on se demande soudainement ce que nous pouvons faire pour aider la communauté, relate Mme Vandevord.

Or, cette aide aurait dû être apportée des années plus tôt.

Une citation deMichelle Vandevord, directrice de la Gestion des urgences des Premières Nations de la Saskatchewan

Les fonds existent pour la prévention des incendies

Michelle Vandevord encourage les communautés à utiliser les données – y compris celles de Statistique Canada et du CNRC – pour demander des fonds pour la prévention et les services liés aux incendies.Neuf fois sur dix, lorsqu’il y a de l’argent pour les services d’incendie dans les réserves, c’est parce qu’il y a eu des propositions écrites, a-t-elle déclaré.

Cependant, Mme Vandevord indique que, bien souvent, les chefs des pompiers volontaires ne sont que des bénévoles : ils occupent d’autres fonctions, ce qui leur laisse peu de temps pour rédiger des propositions.

Arnold Lazare espère que davantage de données seront publiées, mais il souligne qu’il n’existe pas de solution universelle. Il a déclaré que les fonds disponibles pour la prévention des incendies doivent être utilisés selon des approches adaptées aux besoins de chaque communauté.

Il espère également que les communautés autochtones signaleront leurs incendies à l’aide du système national de notification des incidents dans le but d’utiliser ces informations pour adapter leurs programmes de prévention des incendies.Si nous parvenons à financer les programmes dont les communautés ont besoin, les choses changeront, a déclaré M. Lazare.

De plus, il a indiqué que les communautés autochtones pouvaient s’adresser au CNASI pour obtenir de l’aide. L’organisme propose des évaluations des services d’incendie, l’élaboration de programmes de prévention des incendies et un soutien aux programmes de sécurité incendie dans les bâtiments.

Le CNASI doit rencontrer l’Assemblée des Premières Nations en septembre, où il espère que le rapport servira de base à un nouveau mandat et à une nouvelle orientation pour les efforts de sécurité incendie dans les communautés autochtones.

Avec les informations de Sis’moqon, de CBC Indigenous

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