Communiqué: EXPORTATION D’ÉLECTRICITÉ AUX ÉTATS-UNIS

Société de Communication Atikamekw Montagnais
Société de Communication Atikamekw Montagnais
Publié le 06 août 2020

Le moment de vérité est arrivé pour Pessamit et Wemotaci

QUÉBEC le 05 août 2020 – Les Innus de Pessamit et les Atikamekws de Wemotaci s’associent pour mettre fin à la mainmise du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec sur leurs territoires traditionnels. Ils veulent obtenir compensation pour les ouvrages de production, les réservoirs et les lignes de transmission aménagés sans leur consentement et menacent de faire dérailler le projet de ligne de transport d’électricité passant par l’état du Maine vers le Massachusetts.

Actuellement, 36% de la puissance hydroélectrique totale installée par Hydro-Québec provient des territoires traditionnels Innu, Atikamekw et Anishnabeg, protégés par des droits ancestraux et issus de traités, droits qui n’ont pourtant jamais été respectés. Au total, 33 ouvrages de production, 130 barrages et digues, 10 400 km2 de réservoirs, des dizaines de milliers de kilomètres de lignes de transport, de distribution et de routes, y ont été illicitement mis en place. Ces infrastructures sont toujours opérées par Hydro-Québec à l'encontre des droits reconnus par la Loi constitutionnelle de 1982 et de la jurisprudence émanant de la Cour suprême du Canada. C’est ainsi que nos Premières Nations ont permis au Québec de s’industrialiser et à la majorité de ses citoyens d’accéder à une meilleure qualité de vie, alors que les indicateurs de bien-être pour nos communautés sont comparables à ceux de pays du tiers-monde

Du sable dans l’engrenage

Selon les chefs René Simon de Pessamit et François Néashit de Wemotaci, les Premières Nations directement affectées par l’odieux régime imposé par Québec avec la complicité du Canada, disposent désormais d’un important levier capable de faire régner l’état de droit là où la brutalité étatique l’a toujours emporté. « L’heure est maintenant arrivée pour nos deux communautés d’opposer une résistance concertée à ce qui est moralement, légalement et constitutionnellement indéfendable, ont-ils
déclaré. Nous avons l’intention de nous en prendre directement aux revenus que le gouvernement et Hydro-Québec prévoient générer avec leur projet de faire passer une ligne de haute tension, d’une capacité de 1200 MW, vers le Nord-Est des États-Unis. » Des dires mêmes du premier ministre François Legault, Hydro-Québec possède d’importants surplus énergétiques qui ne peuvent être absorbés par la consommation interne. Sur le plan des affaires, il n’est donc pas étonnant que la société d’État cherche à améliorer son rendement en vendant de l'énergie dans le Nord-Est américain. Dans ce contexte, la fragilisation de l’objectif de profit de 16,1 milliards $ que s’est imposé la société d’État dans son plan quinquennal 2020 à 2024, pourrait avoir pour conséquence d’inciter le Québec à revoir sa position face aux Premières Nations.

La route du Maine

Les intentions d’Hydro-Québec aux États Unis sont loin de faire l’unanimité dans ce pays. En 2018, lors de l’annonce du contrat prévoyant que la société d’État allait acheminer 9,45 TWh d’énergie vers le Massachusetts par le biais de la ligne de transport Northern Pass devant traverser le New Hampshire du nord au sud, Pessamit a assumé un rôle de premier plan auprès des médias américains, des diverses instances politiques américaines, des organismes règlementaires et des opposants à ce projet. En juillet 2019, après avoir épuisé tous ses recours, le promoteur voyait son projet définitivement rejeté par la Cour suprême du New Hampshire. Pessamit a eu une influence déterminante dans la révocation de Northern Pass. Après cet échec retentissant et encore tout récent, Hydro-Québec mise désormais sur
le projet New England Clean Energy Connect (NECEC) pour honorer son contrat avec le Massachusetts. La société d’État compte faire transiter son électricité par le Maine au lieu du New Hampshire, afin d’atteindre le Massachusetts. Mais l’histoire pourrait encore se répéter.

Ce que nous exigeons

Nos Premières Nations ne peuvent laisser Hydro-Québec tirer profit de notre patrimoine aux États-Unis sans prendre part ouvertement au débat. Après un siècle de déni de la part du gouvernement du Québec, nos communautés ont une opportunité inespérée de faire respecter leurs droits sur leurs territoires ancestraux. Elles vont résolument saisir cette occasion afin de forcer le règlement qui leur a toujours été refusé. Le gouvernement du Québec et Hydro-Québec n’ont jamais eu et n’ont toujours pas la légitimité morale et constitutionnelle pour opérer 33 des 63 ouvrages de production hydroélectriques
puisqu’ils n’ont jamais consulté et compensé les Premières Nations concernées. Ils ont encore moins la légitimité de vendre de l’électricité aux États-Unis alors que 13 200 MW, soit 36% de la puissance installée au Québec sur un total de 36 700 MW, a été usurpée aux dites PremièresNations. Et si le gouvernement fait la sourde oreille, Pessamit et Wemotaci mettront tout en œuvre pour faire dérailler, à son tour, le projet NECEC !

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CONTACT : Suzane Chaloult
Relationniste
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